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Les tensioactifs sulfatés

Les tensioactifs sulfatés

Les tensioactifs sulfatés font partie des ingrédients controversés du moment, ce qui amène certaines chaînes de distribution (par exemple Biocoop) à les refuser dans les produits référencés dans leurs rayons. Et ils font particulièrement polémique dans le secteur bio, puisque, bien que pas exactement naturels, ils sont toujours autorisés par le référentiel COSMOS. 

Lors de la Rencontre Ingrédients organisés par Cosmébio le 8 octobre 2019, Franck Barlerin, Directeur industriel et scientifique de Version Organique, a fait le point sur ce que sont ces « sulfates » et sur ce qui les met sur la sellette.

SULFUREUX SULFATES

Ce ne sont pas les sulfates sous forme de sel qui posent problème. Présents en grandes quantités dans la nature (dans les mines et les eaux de mer ou minérales), ils sont produits grâce à une extraction simple qui ne fait pas intervenir la chimie du soufre.
Et ils ne posent pas de problème pour la santé humaine, surtout aux doses utilisées en cosmétique. 
Les problèmes viennent bien des tensioactifs sulfatés, et particulièrement pour la cosmétique biologique.

Les tensioactifs sulfatés
Irritation de la peau - tensioactifs sulfatés

UN POTENTIEL IRRITANT

Les tensioactifs sulfatés ont un potentiel irritant avéré pour la peau, les muqueuses et les yeux. Cela est dû au fait qu’ils ont un fort pouvoir solubilisant des lipides (ils éliminent donc le sébum de la peau et des cheveux), ainsi qu’un fort pouvoir mouillant (ce qui leur donne la propriété de se fixer sur la peau).
Beaucoup de tests montrent que les tensioactifs « verts » sont moins irritants que les sulfatés. Mais, pour Franck Barlerin, si la différence est très significative pour les émulsionnants, elle l’est nettement moins pour les formules détergentes. Il a illustré cette affirmation avec l’exemple d’une route limitée à 80 km/h (qui représente l’irritation acceptable) : le tensioactif sulfaté y roule à 300 km/h ; le tensioactif « vert » y roule à 200. Certes, c’est moins. Mais c’est encore beaucoup trop au regard de la vitesse autorisée… 
« C’est bien de comparer les molécules entre elles, mais c’est mieux de le faire dans le contexte global, sinon l’indicateur est complètement faussé, » a-t-il souligné.

UN PROCEDE DE FABRICATION POLLUANT

Les tensioactifs sulfatés sont donc fabriqués à base d’acide sulfurique, lui-même issu du soufre souterrain. Étant produits en très grandes quantités dans le monde (on parle de deux à trois milliards de tonnes par an, la sulfonation étant la troisième réaction chimique générée dans le monde à des fins industrielles), de grandes quantités de soufre souterrain se retrouve bio-disponibles après l’utilisation du produit, avec des conséquences qui sont toujours à l’étude.
« On peut faire le parallèle avec le carbone », a souligné Franck Barlerin. « Quand on a découvert du carbone fossilisé énergétique dans le sous-sol, il a été exploité et rendu bio-disponible au niveau de la croûte terrestre. On en connaît aujourd’hui les conséquences… »

Fabrication polluante

UNE « ABERRATION » DANS LE MONDE DU VIVANT

« Tout le principe du vivant est basé sur la polarité entre les eaux et les phases grasses », a rappelé Franck Barlerin. « Utiliser un tensioactif qui est fait pour unifier ces deux mondes est une aberration au niveau naturel. On n’en trouve d’ailleurs pas à l’état naturel, si on fait exception de la saponine… »
Beaucoup de détergents synthétiques agréés par COSMOS sont déclarés « sans aucun greffon synthétique ». 

Beaucoup de détergents synthétiques agréés par COSMOS sont déclarés « sans aucun greffon synthétique ». « Mais est-ce normal pour une molécule qui contient du soufre issu de l’acide sulfurique et qui a subi une sulfonation ? », s’est encore interrogé Franck Barlerin. « D’un autre côté, si on considérait que le soufre qui est réellement présent est synthétique, cela signifierait qu’il deviendrait impossible d’utiliser les tensioactifs sulfatés, puisque les limites de synthétiques autorisées par le référentiel seraient très largement dépassées. »

UNE SUBSTITUTION TRES COÛTEUSE

« […] Si on veut être honnête, il est clair que c’est pour l’aspect économique qu’ils [les sulfates] sont dérogés » admet Franck Barlerin.

Un tensioactif sulfaté revient à environ 1,5 € le kilo de matière active pure ; un tensioactif issu de la chimie verte revient plutôt à 5 € par kilo… Ce prix élevé peut être assez facilement absorbé sur une émulsion, qui contient 1 % d’émulsionnant pur. C’est beaucoup plus difficile dans un moussant qui contient 15 % de détergent

La substitution des tensioactifs sulfaté pose aussi des problèmes en termes de production industrielle, puisque les équipements utilisés pour fabriquer des moussants sulfatés comme les gels douche, ne sont pas adaptés pour faire du moussant sans sulfate. Un changement d’équipement ajoute un coût supplémentaire d’investissement au coût déjà supérieur de la formule, et il est loin d’être négligeable puisque les équipements nécessaires pour le « sans sulfate » coûtent de 5 à 10 fois plus chers…

 

Source : L’Observatoire des Cosmétiques

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